No Ordinary Family : Le Pilot

Publié le par Adrien

Créée par Greg Berlanti, déjà producteur des deux excellents dramas familiaux Everwood et Brothers & Sisters et du soap déjanté (mais ennuyeux) Dirty Sexy Money et Jon Harmon Feldman (qui a déjà entre autres travaillé sur Dawson, Reunion, Tru Calling ou Dirty Sexy Money), No Ordinary Family se présente comme le nouveau drama familial d’ABC, qui cherche sûrement un successeur à Brothers & Sisters.

 

Sur le fond, rien d’exceptionnel, une famille ordinaire devient extraordinaire après un crash d’avion en Amazonie. Le père est désormais pourvu de réflexes incroyables, la mère se déplace plus vite que la lumière, la fille lit dans les pensées et le fils devient plus intelligent. On voit déjà où tout ça nous mène. Entre morales gentillettes et bluettes autour de la fille, équations mathématiques pour le fiston, et enquêtes à résoudre ensemble, l’avenir semble déjà tout tracé.

 

Le pitch s’annonçait plutôt prometteur, on était prêts, comme d’habitude, à accorder notre confiance à Berlanti, grand nom de la télévision américaine, qui nous avait déjà offerts deux joyaux, avec la très attachante famille Brown d’Everwood et la délirante famille Walker de Brothers And Sisters, diffusée le Dimanche 22h sur ABC.

Je l’étais encore plus en voyant le casting. L’inoubliable Michael Chicklis, qui avait déjà joué dans The Shield pour ne citer qu’elle, accompagne Julie Benz, la grandiose Rita de Dexter et la touche légèreté de la dernière saison de Desperate Housewives. Au niveau des seconds rôles, c’était tout aussi alléchant. En fan absolu de The O.C / Newport Beach, Autumn Reeser a certainement été l’annonce de casting qui m’a fait le plus fondre. J’étais déjà tombé sous le charme de Taylor Townsend dans The O.C, je ne pouvais que me préparer à être de nouveau subjugué. Romany Malco, tellement attachant dans Weeds, la sitcom la plus déjantée, burlesque et talentueuse du moment, était également un membre prometteur.

 

Seulement voilà, une scène m’a suffit pour cerner la série, et si les différentes bandes-annonces m’avaient déjà refroidi, ce pilot m’a simplement anéanti.

Dès les premières minutes, on comprend qu’il n’y aura pas une once d’originalité dans la série, banale à souhait. On se retrouve dans une série familiale classique, avec des personnages types. L’ado rebelle qui a des doutes sur son petit ami, on a déjà vu ça mille fois, le fils mauvais à l’école qui se retrouve avec le super QI, c’est encore plus cliché. La mère est débordée, bien sûr, et est obligé de se comporter comme une véritable Desperate Housewives, ABC oblige. Quand au père, j’ai beau apprécier la justesse du jeu de Chicklis, j’ai trouvé le personnage transparent. S’il a un pénis, il est forcément policier. Et évidemment, il pourra désormais éviter les balles pour arrêter les méchants criminels. Mieux il pourra « jumper » (Non je ne parle pas du navet où Rachel Bilson était allé se fourrer pour rencontrer le très fade Hayden Christensen) et combattre les méchants sur les toits des immeubles (Palme du ridicule pour la scène qu’il partage avec son pote George sur le toit de l’immeuble). Les personnages principaux sont ainsi très limités.

A la limite, les seconds rôles sauvent un peu le tout, mais on les voit bien trop peu pour que ce pilot ait une quelconque saveur. Le fameux George dont je vous parlais paraît autant sympathique qu’il est transparent, ce qui est finalement un bon point. Je retiendrais les quelques instants avec Autumn Reeser, que j’ai eu le plaisir de retrouver. Sa présence et l’ébauche d’un comportement un peu décalé me laissent penser qu’on tient peut-être là le meilleur personnage de la série.

Mais aucun rôle ne sort vraiment de l’ordinaire. Les scénaristes se contentent d’aligner les clichés, et j’ai eu à plusieurs reprises l’impression de me retrouver du côté d’ABC Family, avec les très audacieux Kyle XY et The Secret Life Of American Teeneger. Disons qu’avec ce pilot, No Ordinary Family nous a présenté ses personnages comme Desperate Housewives nous a évoqué l’avortement, c'est-à-dire au détour de deux scènes ridicules.

Quant aux pouvoirs de nos héros, ils ne sont pas allés les chercher très loin. On est au niveau d’un pouvoir d’Heroes, c’est dire. Encore une fois, les clichés ne sont pas évités et c’est bien dommage. On finira enfin l’épisode par une bonne bouffe familiale

 

Que reste –t-il de ce pilot alors ? Une gentillette impression. Je regarderais certainement un ou deux autres épisodes pour me faire une idée. Est-ce le pilot Pré-Air* qui était simplement mauvais ? Sûrement, du moins, je l’espère.

Disons qu’on a pu apercevoir quelques touches d’humour bienvenues, notamment au sein de la scène d’introduction, pourtant ratée : Daphne, la jeune ado rebelle de la famille, répond à son père qu’elle écrit à Dieu lorsque celui-ci lui demande à qui est-elle en train d’écrire (oui, un texto dans un avion, au beau milieu de nulle part). Les dialogues sont soignés et renvoient bien à une famille belle et bien ordinaire.

 

Bilan : Un épisode introducteur à la fois peu crédible, rempli de clichés, mal structuré et difficilement digérable. Il est le concentré et l’exemple même de ce qu’ABC fait de pire. La série aura bien correspondu à ABC Family, je l’aurais bien vu à 21h à la suite de The Secret Life Of American Teenager, ou en combo avec le défunt Kyle XY (ce pilot m’a particulièrement rappelé le teen show fantastique par sa description de la famille).

Publié dans Séries TV

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