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Créée par Christopher Lloyd et Steven Levitan (déjà producteur de Just Shoot Me pour les connaisseurs), Modern Family est LA sensation de la saison précédente aux Etats-Unis. Avec des très jolis scores d’audience sur ABC (des pointes à plus de 10 Millions) et des scores records sur la cible privilégiée des annonceurs (Les 18/49 ans aux Etats-Unis, à l’image de la fameuse ménagère de moins de 50 ans chez nous), Modern Family a aussi su s’imposer auprès des critiques, raflant ainsi les mises aux Emmy Awards, prestigieuse cérémonie de récompense pour la télévision américaine, renouvelant le genre de la sitcom familiale et du mockumentary.
Quelque chose avait été cassée. En 2008, la grève des scénaristes américains, qui avait stoppé la production de la majeure partie des productions américaines, apparaissait comme le symbole de la crise que traverse la télévision américaine depuis le milieu des années 2000 avec l’arrivée du média internet, des technologies nouvelles (DVD enregistreurs…), et de la montée en puissance du câble (affaiblissant considérablement les principaux networks américains, c'est-à-dire NBC, CBS, ABC, la FOX et The CW).
Ironiquement, le nouveau genre de grands dramas nés avec les années 2000, d’Alias et 24 à la fantastique moisson décrochée par ABC en 2004/2005 avec LOST, Desperate Housewives et Grey’s Anatomy, commençait lentement mais sûrement, à disparaître au profit d’une multiplication des cop-shows en tout genre dont CBS, network numéro 1 aux Etats-Unis, en est évidemment le symbole avec pas moins d’une douzaine de cop-shows sur leur grille de rentrée.
Seulement voilà, alors qu’on prédisait la mort des grands networks et de la télévision, quelque chose s’est passé. Et ce quelque chose, c’est Modern Family, symbole du retour en force de la sitcom à la télévision, qui avait connu son âge d’or dans les années 1990 avec NBC (Rappelez-vous, c’était Seinfeld, Will And Grace, Mad About You et Friends qui affolaient les compteurs audimatiques).
Il faut bien l’avouer, cette année les sitcoms ont cartonné aux Etats-Unis. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, la série numéro 1 de l’année sur les 18/49 ans s’appelle The Big Bang Theory, réunit 15 Millions de téléspectateurs dans ses bons jours et affichent des taux records sur la fameuse cible, avec un excellent 5.3. Mon Oncle Charlie continue également d’affoler les compteurs avec près de 15 Millions de téléspectateurs branchés chaque semaine sur CBS.
L’épisode le plus regardé de la saison sur cette même cible est un épisode des Simpsons, avec un taux exceptionnel de 6.9, une comédie qui a pourtant 20 saisons au compteur ! La nouveauté numéro 1 de l’année sur cette cible s’appelle Glee et c’est un phénomène de la FOX : 9 Millions de téléspectateurs (avec des épisodes à plus de 13 Millions en fin de saison) en moyenne et un taux de 3.9 sur cette première saison (5.6 pour le 14ème épisode de la saison).
Chez ABC, on n’est pas en reste, puisqu’on a réussi à imposer non pas une mais trois sitcoms cette année : Modern Family est ainsi la nouveauté numéro 1 de la chaîne avec plus de 9 Millions de téléspectateurs et un taux de 3.8 sur la cible tant convoitée des annonceurs. Suivent ensuite Cougar Town, marquant le retour de Courteney Cox, ex-Friends, à la télévision (7 Millions de téléspectateurs en moyenne) et The Middle, qui ont su s’imposer dans leurs cases respectives. Mieux, les 3 Sitcoms ont réussi à créer un rendez-vous le Mercredi soir sur ABC, chose peu facile actuellement à la télévision, en à peine un an, et ont réussi à résister au mastodonte American Idol (Nouvelle Star américaine) de la FOX, qui réunit en face jusqu’à 30 Millions de téléspectateurs (dans ses bons jours).
Mieux, les comédies sont les atouts de charme des networks auprès des critiques. Ainsi, NBC pouvait dire merci à Tina Fey et sa bande de 30 Rock avec 3 années au sommet de la foire (Tina Fey remporta tous les prêts de l’interprétation féminine, 30 Rock repartit avec tous les prix de la meilleure série comique). Cette année, le vent tourne et c’est sur Modern Family et Glee qu’ont déferlé les Emmys.
Mais revenons à Modern Family et au génie dont la série a su développé au cours de sa première saison. C’est bien simple, la série joue intelligemment sur deux tableaux : Elle reprend les thèmes, le cadre (la famille, au sens le plus éclaté du terme possible) et les idées de l’âge d’or des sitcoms. A l’époque pullulaient effectivement les sitcoms familiales, avec rires en fond sonore (soit enregistrés lors du tournage devant un public, soit avec des « rires en boîte » et tournées avec plusieurs caméras, pour peu à peu laisser a place à de sitcoms de nouveaux types, tournées non plus avec plusieurs mais une caméra, délaissant les rires en fond sonore et abordant de nouveaux thèmes. Souvent, on a alors joué sur le côté documentaire, le « Mockumentary » comme on a coutume de l’appeler. The Office en est bien sûr l’exemple type mais la quasi-totalité des sitcoms de bureau qui investissent aujourd’hui le Jeudi de NBC pourraient également être citées. Parmi les sitcoms à une caméra ayant marqué le genre, on citera bien souvent Scrubs, Arrested Development, The Wonder Years, Malcom ou encore l’inoubliable Sex And The City.
Incapables de choisir entre les deux genres, le fossé se séparant chaque jour un peu plus à la télévision américaine, les scénaristes de Modern Family ont finalement décidé de jouer allégrement avec les deux styles pour pouvoir, enfin, les réconcilier. Arrested Development l’avait tenté, How I Met Your Mother l’avait partiellement réussi (au moins dans ses premières saisons, dirons nous), Modern Family l’a réussi, et pleinement réussi. Et ce perpétuel jeu entre les deux genres donne au connaisseur une nouvelle saveur à la série. La série empreinte alors autant à The Office le côté mockumentary, quitte à laisser parler ses personnages face caméra, qu’à La Famille Adams ou Mon Oncle Charlie (l’étendard choisi est volontairement vaste). Elle joue ainsi à merveille avec les codes traditionnels de la comédie, des situations de quiproquo et infinis retournements de situation, servie par un casting 5 Etoiles.
Sofia Vergara, Ed O’Neil, Eric Stonestreet, Julie Bowen : Tous sont parfaits dans leur rôle. L’impact de Modern Family n’aurait toutefois pas été aussi frappant s’il n’avait pas été suivi par les succès que l’on a cités plus haut. Ce succès accompagne celui du Comedy Block d’ABC (le network se réconcilie ainsi avec un genre qu’il avait abandonné), les succès flamboyants de CBS avec Mon Oncle Charlie et The Big Bang Theory, et bien sûr l’immense phénomène Glee qui a frappé le Monde, et qui ne devrait pas tarder à arriver en France.
En ressort alors un sentiment d’un renouvellement profond du genre, qui rime de nouveau avec le succès, alors que la sitcom avait été abandonnée petit à petit, son dernier gros succès remontant au mythique Friends qui s’était achevé devant plus de 50 Millions d’américains. La preuve de ce renouveau ne se trouve non pas dans la saison 2009 / 2010 mais bien dans la saison 2010 / 2011. En Juin dernier, lors des Upfronts, les nouvelles grilles des principaux networks ont ainsi laissé la part belle aux comédies.
La FOX leur a promis les plus belles cases de sa grille : Une exposition après le nouveau hit Glee et le hit déjà bien confirmé American Idol. Raising Hope, Running Wilde et Mixed Signals tirent ainsi le gros lot.Raising Hope est d’ailleurs déjà très aimé des critiques. ABC continue sur sa lance en proposant trois nouvelles sitcoms (mais une seulement propose à l’automne), CBS compte créer l’évènement avec le déplacement de Big Bang Theory au jeudi soir et lancer deux nouvelles sitcoms au fort potentiel : Mike And Molly et $#*! My Dad Says. NBC croit quand à elle beaucoup en Outsourced à qui elle a offert la case post-The Office. Seule la CW continue à vouloir descendre plus bas dans les abysses de l’audience.
Le renouveau s’annonce aussi du côté du câble. Showtime en a fait sa marque de fabrique, les sitcoms sur les quarantenaires se multiplient. Après le hit Weeds, elle a pondu Nurse Jackie, récompensée aux Emmys avec Edie Falco, The United States Of Tara, et nous sort le grand jeu avec The Big C. Elle lancera aussi plus tard dans la saison Episodes qui marquera le retour de Matt LeBlanc à la télévision.
On verra alors si la poussée de la saison 2009 / 2010 n’était qu’anecdotique ou qu’elle sera belle et bien annonciatrice d’un renouveau complet du genre. En tout cas, le côté mockumentary a dors et déjà créé des émules chez ABC, qui a souhaité proposé un cop-show filmé comme un documentaire, Detroit 187, avant finalement d’abandonner cette particularité. Par ailleurs, l’arrivée de My Generation semble vouloir surfer sur cette vague.
Créée par Greg Berlanti, déjà producteur des deux excellents dramas familiaux Everwood et Brothers & Sisters et du soap déjanté (mais ennuyeux) Dirty Sexy Money et Jon Harmon Feldman (qui a déjà entre autres travaillé sur Dawson, Reunion, Tru Calling ou Dirty Sexy Money), No Ordinary Family se présente comme le nouveau drama familial d’ABC, qui cherche sûrement un successeur à Brothers & Sisters.
Sur le fond, rien d’exceptionnel, une famille ordinaire devient extraordinaire après un crash d’avion en Amazonie. Le père est désormais pourvu de réflexes incroyables, la mère se déplace plus vite que la lumière, la fille lit dans les pensées et le fils devient plus intelligent. On voit déjà où tout ça nous mène. Entre morales gentillettes et bluettes autour de la fille, équations mathématiques pour le fiston, et enquêtes à résoudre ensemble, l’avenir semble déjà tout tracé.
Le pitch s’annonçait plutôt prometteur, on était prêts, comme d’habitude, à accorder notre confiance à Berlanti, grand nom de la télévision américaine, qui nous avait déjà offerts deux joyaux, avec la très attachante famille Brown d’Everwood et la délirante famille Walker de Brothers And Sisters, diffusée le Dimanche 22h sur ABC.
Je l’étais encore plus en voyant le casting. L’inoubliable Michael Chicklis, qui avait déjà joué dans The Shield pour ne citer qu’elle, accompagne Julie Benz, la grandiose Rita de Dexter et la touche légèreté de la dernière saison de Desperate Housewives. Au niveau des seconds rôles, c’était tout aussi alléchant. En fan absolu de The O.C / Newport Beach, Autumn Reeser a certainement été l’annonce de casting qui m’a fait le plus fondre. J’étais déjà tombé sous le charme de Taylor Townsend dans The O.C, je ne pouvais que me préparer à être de nouveau subjugué. Romany Malco, tellement attachant dans Weeds, la sitcom la plus déjantée, burlesque et talentueuse du moment, était également un membre prometteur.
Seulement voilà, une scène m’a suffit pour cerner la série, et si les différentes bandes-annonces m’avaient déjà refroidi, ce pilot m’a simplement anéanti.
Dès les premières minutes, on comprend qu’il n’y aura pas une once d’originalité dans la série, banale à souhait. On se retrouve dans une série familiale classique, avec des personnages types. L’ado rebelle qui a des doutes sur son petit ami, on a déjà vu ça mille fois, le fils mauvais à l’école qui se retrouve avec le super QI, c’est encore plus cliché. La mère est débordée, bien sûr, et est obligé de se comporter comme une véritable Desperate Housewives, ABC oblige. Quand au père, j’ai beau apprécier la justesse du jeu de Chicklis, j’ai trouvé le personnage transparent. S’il a un pénis, il est forcément policier. Et évidemment, il pourra désormais éviter les balles pour arrêter les méchants criminels. Mieux il pourra « jumper » (Non je ne parle pas du navet où Rachel Bilson était allé se fourrer pour rencontrer le très fade Hayden Christensen) et combattre les méchants sur les toits des immeubles (Palme du ridicule pour la scène qu’il partage avec son pote George sur le toit de l’immeuble). Les personnages principaux sont ainsi très limités.
A la limite, les seconds rôles sauvent un peu le tout, mais on les voit bien trop peu pour que ce pilot ait une quelconque saveur. Le fameux George dont je vous parlais paraît autant sympathique qu’il est transparent, ce qui est finalement un bon point. Je retiendrais les quelques instants avec Autumn Reeser, que j’ai eu le plaisir de retrouver. Sa présence et l’ébauche d’un comportement un peu décalé me laissent penser qu’on tient peut-être là le meilleur personnage de la série.
Mais aucun rôle ne sort vraiment de l’ordinaire. Les scénaristes se contentent d’aligner les clichés, et j’ai eu à plusieurs reprises l’impression de me retrouver du côté d’ABC Family, avec les très audacieux Kyle XY et The Secret Life Of American Teeneger. Disons qu’avec ce pilot, No Ordinary Family nous a présenté ses personnages comme Desperate Housewives nous a évoqué l’avortement, c'est-à-dire au détour de deux scènes ridicules.
Quant aux pouvoirs de nos héros, ils ne sont pas allés les chercher très loin. On est au niveau d’un pouvoir d’Heroes, c’est dire. Encore une fois, les clichés ne sont pas évités et c’est bien dommage. On finira enfin l’épisode par une bonne bouffe familiale
Que reste –t-il de ce pilot alors ? Une gentillette impression. Je regarderais certainement un ou deux autres épisodes pour me faire une idée. Est-ce le pilot Pré-Air* qui était simplement mauvais ? Sûrement, du moins, je l’espère.
Disons qu’on a pu apercevoir quelques touches d’humour bienvenues, notamment au sein de la scène d’introduction, pourtant ratée : Daphne, la jeune ado rebelle de la famille, répond à son père qu’elle écrit à Dieu lorsque celui-ci lui demande à qui est-elle en train d’écrire (oui, un texto dans un avion, au beau milieu de nulle part). Les dialogues sont soignés et renvoient bien à une famille belle et bien ordinaire.
Bilan : Un épisode introducteur à la fois peu crédible, rempli de clichés, mal structuré et difficilement digérable. Il est le concentré et l’exemple même de ce qu’ABC fait de pire. La série aura bien correspondu à ABC Family, je l’aurais bien vu à 21h à la suite de The Secret Life Of American Teenager, ou en combo avec le défunt Kyle XY (ce pilot m’a particulièrement rappelé le teen show fantastique par sa description de la famille).
Les Desperate Housewives arrivent bientôt pour une Sixième Saison. L'occasion pour nous de faire un bilan
des cinq saisons écoulées.
Pour le retour du blog, je vous propose (déjà), quelques petites
nouveautés. Je ne l'avais pas suivi au delà des 2 premiers épisodes, j'ai décidé d'y revenir, pour un temps au moins, sur M6, où la série débarque en ce mois de Septembre. Cette série, c'est 90210,
le nouveau Beverly Hills, qui avait fait beaucoup de buzz autour de lui l'an dernier à la même époque, à l'aube de sa diffusion sur la CW. On a donc beaucoup moins entendu parler en France, mais M6
lui a réservé une jolie case, au rythme d'un épisode par semaine. A vrai dire, je ne pensais pas m'y remettre, mais l'horraire me convient bien. Le samedi, c'est 4 Heures de DS le matin, et au
moins autant d'heure de travail après. Bref, j'avais juste envie de me vider un peu la tête en m'abrutissant devant un programme débile. J'allume la télé, pensant aller sur TF1, mais rien. Merde,
les Frères Scott, c'était plus tôt, et puis bon regarder Chad Michael Murray, c'est pas vraiment mon truc, tellement il me sort pas les trous de nez et que leurs intrigues à deux balles (oui, je
lis les critiques de Nephtys sur One Tree Hill), j'en ai un peu rien à foutre à vrai dire. Allons bon. On va se regarder un épisode de Damages ? Non, pas après une journée comme celle là. Je sors
le programme TV, télérama s'il vous plaît, et je lis attentivement. Un article sur la rentrée télé : Intéréssant... Un débat sur le lycée, encore mieux, ça pourra peut-être m'aider pour le boulot
qui m'attend demain. Une critique de l'Opéra de Quat'Sous. Oulala, beaucoup trop complexe tout ça. Remarque, un peu de culture sur le blog ne ferait pas de mal, et j'avais vu cette "opérette" l'an
dernier à Valence. A vrai dire, j'y étais allé avec les cours et avait finalement beaucoup aimé. Mais pour le moment, mon but est de savoir comment je vais pouvoir attirer des lecteurs sur ce blog
? J'avance les pages du télérama. J'arrive à ce qui m'intéresse, le programme de ce samedi 5 Septembre. Et, oh quelle surprise, il y a 90210 ! Je savais qu'M6 avait acheté la série mais j'étais
totalement passé à côté de l'annonce de sa diffusion, ou sinon, peut-être tout simplement que je ne m'en souvenais plus. Oublier 90210, il faut dire que ce n'est pas si rare...

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